Vidéo protection ou vidéo-surveillance ?Quelles sont les règles du jeu ? Qui surveille qui, pourquoi, et combien de temps ces images seront-elles conservées ? Face à l'implantation croissante de caméras de surveillance, les militants de la Ligue des droits de l’Homme ont décidé de lancer un réseau de lutte contre la vidéosurveillance en Ile-de-France.
Une caméra pour résoudre les problèmes, une caméra pour décourager les délinquants urbains, une caméra pour vous surveiller parce que, si vous vous y opposez, c'est que vous avez sûrement quelque chose à cacher. Ce n'est pas si simple. Près du RER, place de la mairie ou du côté de la dalle Pompidou, on se sent peut-être plus en sécurité sous l'œil d'une caméra. Et l'expression vidéo-protection est poussée par les politiques pour pallier le poids symboliquement négatif de l'expression vidéo-surveillance.
Ce développement de la vidéosurveillance dans l’espace public va être accentué notamment par la loi Loppsi 2 votée par l’Assemblée nationale. Du coup, le Comité régional Ile-de-France de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a décidé de lancer un réseau de lutte contre la vidéosurveillance dans la région. Ce réseau réunit les différentes structures franciliennes de la LDH, avec pour mission d’organiser des actions d’information des citoyens et d’opposition à la vidéosurveillance en Ile-de-France. "Le gouvernement prévoit de tripler en 2 ans le nombre des caméras de vidéosurveillance dans l’espace public en France (de 20 000 à 60 000) et d’investir 20 millions d’euros d’argent public.", explique la Ligue. Son objectif est simple : favoriser le développement de caméras de vidéosurveillance en payant en partie l’installation, en l’imposant si nécessaire comme la loi Loppsi 2 le lui permettrait, laissant ensuite le financement du fonctionnement et de la maintenance grever les budgets à venir des communes. A Paris, le gouvernement, soutenu par la mairie, s’apprête à mettre en oeuvre un premier plan d’installation de 1250 caméras dans l’espace public pour un coût estimé de 300 millions d’euros. En Ile-de-France, certaines municipalités ont déjà franchi le pas (Levallois-Perret, Puteaux, Bondy,…). D’autres s’apprêtent à mettre en place des systèmes de vidéosurveillance (Nogent-sur-Marne, Saint-Leu la Forêt, Le Plessis Robinson). D’autres enfin rejettent la vidéo surveillance comme Pontoise, Malakoff ou Montreuil." Pour le Comité régional Ile-de-France de la LDH, "la vidéosurveillance vise à masquer l’absence de preuve d’efficacité de la vidéosurveillance dans la lutte contre la délinquance et le terrorisme, et ignore sciemment les risques d’atteintes aux libertés publiques. Enfin, elle symbolise une volonté d’imposer une politique de répression au détriment d’une approche préventive de la violence dans notre société. Ce réseau de lutte contre la vidéosurveillance en Ile-de-France contribuera à informer et alerter les francilien(ne)s sur un fiasco programmé en s’opposant au développement d’une technologie au coût exorbitant, emblématique de la mise en place graduelle d’une société de surveillance généralisée." Lundi 22 Février 2010
VH
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