Patrick Frémeaux, l’esprit du patrimoineDepuis déjà vingt ans, Patrick Frémeaux, via sa galerie implantée à deux pas du château, réinvente et élargit sans cesse la définition de patrimoine. Rencontre avec un amoureux de la culture, des cultures du monde entier.
Via votre galerie, Vincennes se retrouve en quelque sorte au centre du monde ?
Patrick Frémeaux : Notre galerie fait partie des 50/60 premières d'Europe, par la diversité de son fonds et de ses ventes. Je suis à Vincennes depuis 20 ans, et en tout j’ai dû acheter plus de 10 000 oeuvres ! Ici, le foncier est plus raisonnable ; du coup, ce que nous proposons à 3 600 euros, vous le paieriez 10 000 à 12 000 euros en allant dans une grande galerie, à Paris ou New York. Nous vendons à des marchands du monde entier, et réalisons un quart de notre chiffre d’affaires avec Vincennes, un quart avec Paris et le Val-de-Marne, un quart avec la France, et un quart avec l’étranger. La France est selon vous un pays de musées ? Patrick Frémaux : Le Français possède sûrement de nombreux défauts, mais il demeure un esthète et un intellectuel. Il existe en France, pays de musées et de châteaux, une véritable approche muséographique de l’objet historique, une sacralisation et une diffusion de l’explication. Peu de pays font çà, possèdent une telle vision de l’histoire comme étant quelque chose de fondamental. Ce savoir-faire français d'objets muséographiques s'exporte dans le monde entier. Aux USA ou au Canada, par exemple, il y a peu de choses à montrer, peu d'histoire, mais de meilleurs musée d'un point de vue scénographique, comme le Field museum de Chicago ou le Musée canadien des civilisations, à Ottawa.
Pourquoi avoir rejoint l’ARCV ?
P.F. : Parce que je ne vois pas d'autre exemple de château médiéval ainsi restauré dans le monde. Je crois que j'avais 16-17 ans, la première fois que j’ai vu ce chantier monumental, ces murs complètements noircis sous la verdure. À un certain degré, pour un établissement tel que le nôtre, cela compte d’être à côté d'un des plus grands châteaux médiévaux. C’est un monument collectif servant notre activité, d’où l’évidence d'adhérer à cette association. Un souvenir du château ? Je me souviens qu’il y avait eu une très belle exposition au château il y a une dizaine d’années, avec une trentaine de tableaux et 200 aquarelles des peintres de l’armée. À l'époque, il n'y avait pas encore de véritable lien entre mairie et château.
Une huile sur toile d’Auguste Durst (1842-1930), représentant le Bois de Vincennes. Peintre de portraits, de paysages et de natures mortes, influencé par l’Ecole de Barbizon et les Impressionnistes, il scande ses compositions de touches lumineuses habilement réparties.
La Galerie Frémeaux présente pour la première fois en ce moment un ensemble de plus de dix natures mortes d’Alice Schoengrun (1869-1940), entre impressionnisme et symbolisme, dont cette huile sur toile «La Vierge».
Jusqu’au 20 mars prochain, la galerie Frémeaux propose «Les Gens», sélection de tableaux des 18e, 19e et 20e siècles, dont cette huile sur toile, Femmes de pêcheurs.
www.galeriefremeaux.com Mercredi 24 Février 2010
JUDIKAEL HIREL
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