PLU et rue de la Paix : ce qu'en disent M. et Mme Cailliez

Que se passe-t-il rue de la Paix ? Parce qu'affirmer n'est pas informer, devant l'émotion suscitée, il nous a semblé utile, pour clarifier le débat, de donner la parole aux intéressés en personne, M et Mme Cailliez. Comment le vivent-ils ? Nous les avons rencontrés.



PLU et rue de la Paix : ce qu'en disent M. et Mme Cailliez
Le panneau vous accueille : la rue de la Paix est un espace apaisé. Mais les esprits, apparemment, eux, ne le sont pas. Nous avions mis en ligne il y a quelques jours un article consacré à l'émotion soudaine apparue sur Internet (pétition, groupe sur Facebook) autour de la situation du 5-7 rue de la Paix, un des 43 emplacements appelés à accueillir à l'avenir des logements sociaux.
Les réactions ont été parfois fortes, parfois vives. C'est pourquoi nous avons voulu remonter à l'origine de la question, et rencontrer les principaux intéressés, M et Mme Cailliez. Ce qui leur arrive pourrait finalement arriver à n'importe qui. Que dire d'eux ? Ce couple aujourd'hui sexagénaire a consacré sa vie tant à l'éducation de ses quatre enfants qu'au service des autres, accueillant sous leur toit tant des réfugiés que des étudiants français ou étrangers aux revenus légers. Du social comme en ferait monsieur Jourdain, sans le savoir, tout naturellement.


PLU et rue de la Paix : ce qu'en disent M. et Mme Cailliez
Que pensent-ils de toutes ces réactions, notamment sur Internet ?
Elles les ont un peu dépassés. "Nous avons été surpris. Nous voulions juste que nos amis se mobilisent à l'occasion de la fin de l'enquête publique, le 8 juillet. Ce sont des amis de notre fils qui ont lancé ce groupe sur Facebook et cette pétition en ligne. Nous ne pensions pas que cela susciterait autant de réactions. Du coup, nous avons fait corriger quelques erreurs dans ce qui était écrit sur Internet." Cette maison, en co-propriété, M et Mme Cailliez y habitent depuis 30 ans : "on s'est marié, on avait deux pièces. A l'arrivée de notre fils Philippe, nous avons acheté deux autres pièces et construit l'escalier. On s'est endetté toute notre vie pour installer nos enfants. Quand le PLU (Plan local d'urbanisme) avait été voté en 2007, nous avions beaucoup bataillé. Sur les 43 concernés, nous n'avons été que deux à poursuivre en justice. Nous sommes dans la procédure d'appel, mais on ira jusqu'à la cour européenne des droits de l'homme s'il le faut. On n'a que ça, on est ici !"

PLU et rue de la Paix : ce qu'en disent M. et Mme Cailliez
Les nouvelles raisons de l'inquiétude du couple Cailliez ?
Elles remontent au conseil municipal du 11 février dernier (Cf Vincennes Infos, mars 2009, page 54) : lors de cette séance, le conseil approuvait à l'unanimité la convention dite de veille focière proposée par EPFIF (l'Etablissement public foncier d'Ile-de-France) et autorisait le maire à la signer. Que dit-elle ? Qu'afin d'accélérer le processus de réalisation de logements sociaux sur les 43 emplacements réservés du PLU approuvé en mai 2007, la commune a souhaité solliciter cet EPFIF sur une action de veille foncière et de portage financier. (...) L'établissement public procédera aux acquisitions et éviction soit par négociation amiable, soit par délégation du droit de préemption urbain de la commune, soit par voie d'expropriation. Il assurera le portage foncier pour une durée maximale de 24 mois ;"Cela veut dire que les 43 emplacements réservés seront récupérés dans les deux ans, comprend Mme Cailliez. Nous, on ne veut pas vendre. Donc il ne reste que l'expropriation. Nous avons été très bien reçus par Laurent Lafon, et c'est un bon maire. Mais cela n'a abouti à rien."

PLU et rue de la Paix : ce qu'en disent M. et Mme Cailliez
Comment leur maison s'est-elle retrouvée sur la liste ?
Selon eux, aucune idée, personne ne leur aurait rendu visite, et nul ne les aurait contactés en amont. Seule hypothèse : le ravalement tardif côté rue, logiquement reporté le temps que le bâtiment neuf voisin soit achevé. " C'est un bâtiment ancien, explique M Cailliez. Nous avons du demander à un architecte pour trouver le bon entrepreneur pour refaire le ravalement, une fois achevé les travaux du bâtiment voisin. Il est intervenu à Versailles ! Nous avons prévu de faire le côté jardin en octobre prochain."

Comment sortir simplement de cette situation ?
Il reste encore une possibilité que cette regrettable affaire, qui semble en partie reposer sur un défaut d'information en amont, se résolve simplement. Une nouvelle enquête publique sur le PLU est ouverte jusqu'au 8 juillet. Il suffirait que le caractère architectural remarquable de cette maison des années 1850 soit reconnu pour qu'elle soit écartée du Plan. Reliquat de l'ex rue du Clos de la Cave; elle fut alors construite sur un terrain agricole. En 2006, l'architecte Vincennois Mr Villepelet déclarait que "l’immeuble présente un intérêt architectural, notamment pour ce qui concerne sa façade côté cour, qui est charmante et à préserver. Etant intervenu sur cet immeuble, notamment en tant que conseil lors de la finition de l’immeuble réalisé par le promoteur en angle de la rue de la Paix et de la rue de la République, nous avons constaté que, globalement, l’état structurel de l’immeuble était bon et nécessitait une bonne campagne de ravalement pour retrouver le caractère architectural de l’origine de l’ouvrage.
Il faut parier sur l'absence de tension comme d'instrumentalisation de part et d'autres pour trouver une réponse simple à une question simple, que seul le temps qui passe a rendu complexe.

Mercredi 1 Juillet 2009
Vincennes Hebdo