OPINION : Quelles leçons après la crise ?

Changer la vie ? Imaginer la France d'après ? Au-delà des slogans et des annonces sur l'instant, a-t-on vraiment tiré les leçons de la crise financière ? Un grand emprunt suffira-t-il pour dessiner ensemble un autre avenir ?



OPINION : Quelles leçons après la crise ?
Avons-nous tiré les leçons de la crise financière ?
On nous avait promis de tirer les leçons de la crise en se focalisant principalement sur un sujet très médiatique : la rémunération des traders. Avec le début de reprise des marchés, les banques se sont remises à provisionner des milliards d’euros pour la seule rémunération de leurs traders Un simple exemple : Goldman Sachs tire à nouveau les deux tiers de ses profits de la spéculation financière. Quant aux banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société générale et Natixis), elles disposent encore de 212 filiales dans les paradis fiscaux. Enfin, la crise financière nous a rappelé les dangers de la dette. Mal utilisée, la dette nous met tous sous le pouvoir de l’argent. A dose forte, elle est source d’addiction. Avec le grand emprunt national, la charge annuelle des seuls intérêts sera de l’ordre de 4% du PIB, dépassant le taux de croissance. La dette va continuer à faire boule de neige ! Et ce sont nos enfants qui en paieront le prix.

Et pourtant, il faut que cela change
Nous constatons bien à l'échelle du monde, de notre pays et de notre ville de Vincennes l’accroissement exponentiel de l’écart entre les riches et les pauvres. Certains pensent que cette séparation est inéluctable. On nous ressort aussi la théorie des bons et mauvais pauvres. Au plan international, national et local, cette situation est porteuse de risques majeurs : radicalisme religieux à l’international, conflits sociaux avec des prémices violentes dans notre pays. Les sondages montrent que les français sont dans l’attente d’une profonde refondation du système économique. La réponse ? Un grand petit emprunt national, soit une dette gigantesque pour les générations à venir ! L’argent facile, l’argent non gagné : celui de nos enfants ! Le cadeau fait aux restaurateurs dans ce contexte paraît complètement absurde ! En politique, nos dirigeants pratiquent l’anesthésie sans opération. Alors que notre situation nécessite l’opération sans anesthésie, ni plus ni moins.

Un investissement urgent pour l’avenir
Enfin, puisque grand emprunt il doit y avoir, autant l’utiliser au mieux : tous les jeunes à qui nous laisserons une dette lourde devrait être notre priorité. Je suis partisan du rétablissement d’un grand service national. Non plus militaire, mais civile et civique. Les actions citoyennes au niveau municipal à Vincennes (Conseil Municipal des Enfants, Espaces jeunes, Aides à projet Jeunes…) montrent que notre pays et notre jeunesse peuvent se retrouver pour le meilleur. Un grand service national ? Le sujet est complexe. Mais nous ne pouvons offrir à la jeunesse une seule proposition : la société de consommation, des rêves en néon, à l'échelle des vitrines de soldes de la galerie commerciale la plus proche. Il faut recréer un lien entre la nation et les citoyens et plus particulièrement encore pour les jeunes. Jeunes des banlieues, des "quartiers", jeunes Bobo, jeunes de "bonne" famille, jeunes au-delà des idées préconçues, des lieux communs et des qualificatifs faciles. Jeunes à la générosité spontanée dès que l'on parvient à les toucher… S’engager en faveur de la collectivité, réaliser des travaux d’intérêts généraux, donner à la nation et recevoir, voilà un bon départ dans la vie ! Notre pays devrait prioritairement investir pour permettre une participation citoyenne aux jeunes, à tous les jeunes !

Lundi 11 Janvier 2010
François de Landes
     


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