Nuits des musées : partout, mais pas à Vincennes

C'est tout de même dommage, voire frustrant : alors que la nuit des musées a pris cette année une envergure européenne, à Vincennes, on pouvait toujours aller... se coucher !



Nuits des musées : partout, mais pas à Vincennes
Imaginez la scène : vous êtes un samedi après-midi de mai, le soleil brille enfin, les terrasses s'étendent pour le plus grand bonheur des promeneurs qui viennent de déguster des churros et de faire un détour par les stands d'un forum municipal consacré à l'environnement. Des calèches arpentent les rues, en attendant le clous de la soirée : ce soir, le château est exceptionnellement ouvert au public. Entre les flambeaux dans la cour, les musiciens et les acteur au gré des salles, le passé revient à notre rencontre, tandis que petits et grands apprécient jusqu'à la dernière note cette Nuit européenne des musées.

Tout cela est réel, bien réel. A un détail près : la scène ne se déroulait pas à Vincennes, ville désertée en ce seul week-end de pont du mois de mai 2010, mais à Fontainebleau. Maintenant que la ville n'est plus concurrente de la nôtre pour l'implantation du musée de l'histoire de France, on peut en dire du bien ! Et au passage souligner les lacunes de la nôtre : hormis l'Aquarium de la Porte Dorée, Vincennes était aux abonnés absents pour cette nuit des musées qui proposait pourtant plus de 300 évènements rien que sur l'Ile-de-France. Rien du côté du Service Historique de la Défense, pas plus du côté du Donjon, et rien pour la Sainte-Chapelle, malgré l'exposition qui s'y déroule jusqu'au mois de septembre. Des musiciens pour une exposition en principe consacrée à la musique ? Un peu de musique religieuse, peut-être ? C'était sans doute trop espérer. En fait, en y réfléchissant bien, ce qui manque au château de Vincennes, c'est sans doute... un musée ! En attendant un café, un restaurant voire quelques chambres d'hôtes dans les bâtiments les plus récents, dont les bénéfices financeraient les travaux. Et pourquoi pas, après tout ?
(Photo Françoise Ducène-Lavsigne)

Lundi 17 Mai 2010
JUDIKAEL HIREL