Logement social : L'affaire Cailliez remue le WebUne pétition en ligne, 500 adhérents à un groupe sur le réseau social en ligne Facebook... Une affaire de futur logement social est en train d'échauffer les esprits sur le Web. Explications.
La tension monte sur Internet. La raison ? Une question de maison qui touche une famille Vincennoise. Une affaire qui dure apparemment depuis deux ans, mais qui se cristallise maintenant, en ce début d'été, via Internet : en l'espace de 4 jours, le groupe créé sur le réseau social Facebook regroupe déjà plus de 500 personnes. Pourquoi maintenant ? Tout simplement parce qu'une nouvelle enquête publique sur le Plan local de l'urbanisme est ouverte jusqu'au 8 juillet.
Que se passe-t-il exactement ? Le bâtiment en copropriété situé 5 et 7 de la rue de la Paix a été placé sur la liste des emplacements réservés de la ville de Vincennes afin de réaliser des logements sociaux. Un logement notamment habité par Pierre et Chantal Cailliez. Ce sont des proches et des parents qui font passer le mot par web interposé, lançant un appel à l'aide et une pétition pour lutter contre l'expropriation de cette famille. "La famille Cailliez est naturellement très favorable à l'augmentation du nombre de logements sociaux, précisent ses soutiens sur Internet. Mais la mairie semble scandaleusement vouloir leur faire payer le prix des politiques municipales antérieures, où l'équipe municipale préférait s'occuper de ses électeurs aisés plutôt que de favoriser la mixité sociale !!! Il y a sur Vincennes suffisamment d’immeubles désaffectés pour créer des logements sociaux sans pour cela expulser des familles. Comment peut-on chasser de chez elle une famille qui accueille régulièrement et gratuitement des amis de passage et des personnes en difficulté financière et depuis toujours ?"
Expropriation ? Absolument pas, répond également par le biais de Facebook Gildas Lecoq, directeur de la communication et des relations publiques de la ville de Vincennes . "Les éléments exposés sont faux et ne méritent pas autant d’agitation mais demandent plutôt une explication claire et précise. (...) Avant tout, je souhaite véritablement lever toute ambiguïté sur une éventuelle expropriation dont serait l’objet la famille Cailliez. C’est une affirmation totalement erronée. La ville n'a jamais eu l'intention de le faire et n'a, par conséquent, jamais engagé une procédure pour cela. Une telle procédure est bien entendu encadrée par la loi et qu'elle commence par une délibération du Conseil municipal autorisant le maire à lancer l'expropriation. La ville de Vincennes n'a jamais délibéré en ce sens pour le 5-7, rue de la Paix et les élus signataires de cette pétition sont bien placés pour le savoir. De même qu'ils savent que dans le contrat de mixité sociale préparé avec l'Etat, qui recense l'ensemble des opérations engagées par la ville pour réaliser du logement social, ne figure pas le 5-7, rue de la Paix. (...) Le 5-7, rue de la Paix a été classé dans le Plan local de l'urbanisme (PLU) sur la liste des emplacements réservés comme un certain nombre d'autres propriétés à Vincennes. La classification en emplacements réservés signifie simplement qu'en cas de revente du bien par son propriétaire, la future affectation ne pourra être que des logements sociaux. Tant qu’il souhaite rester propriétaire cette disposition n'a pas d'effet."
Mais le problème reste tout de même entier, expropriation ou pas. Et l'annonce touche d'autant plus que cette famille est plus qu'honorablement connue, notamment de tous les étudiants accueillis et logés à un loyer raisonnable durant des années. Car dans cette affaire on parle surtout d'un prix d'achat du bien immobilier, au cas où les propriétaires le céderaient (ou disparaîtraient), au tiers du prix du marché. Se pose alors une question qui touche potentiellement n'importe quel propriétaire Vincennois : imaginez votre domicile soudain destiné à devenir un logement social. Comment faire pour vous reloger vu le prix du marché sur Vincennes qui, comme ailleurs, a explosé de 150 % ces dernières années, pour atteindre des sommets, que ce soit au Domaine du Bois ou plus récemment rue de Fontenay, ou une future co-propriété franchissait la scandaleuse barre symoblique des 10000 euros le mètre carré ?
Bref, si cette estimation au tiers du prix du marché en cas de cession s'avère vraie (d'ailleurs, qui la calcule, et comment ?), impossible de se reloger à Vincennes, ou alentours. N'est-il pas d'autres lieux où construire des logements sociaux, des immeubles vacants, appartenant peut-être à des administrations ? Le manque de place pour construire des logements sociaux sur Vincennes, et le prix élevé au m2 compliquent tout, mais c'est bien autour du 5-7 rue de la paix que les esprits se focalisent, alors que les autres lieux concernés par la même mesure ne font pour l'instant pas débat. Retrouvez la pétition sur Internet à l'adresse suivante : http://www.mesopinions.com/Contre-l-expropriation-de-la-maison-des-Cailliez-par-la-ville-de-Vincennes-petition-petitions-0a1540f6d5ed1f763882940f094bf9f6.html Dimanche 28 Juin 2009
JUDIKAEL HIREL
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