Au final, 844 voix d'écart. 50,95% des suffrages exprimés. C'est ce que l'on appelle gagner de justesse, mais c'est une victoire historique pour la gauche sur la circonscription rassemblant Saint-Mandé, Vincennes et Fontenay-sous-Bois. Jamais elle n'était "passée à gauche", comme on dit. C'est donc un bastion de droite (et du centre) qui est tombé. Mais on est loin de Fort Alamo. D'où vient cette impression que le bastion se soit rendu presque sans résistance ? On peut trouver trois explications, au-delà d'un taux d'abstention qui a pour conséquence directe qu'un quart des électeurs à peine suffit pour être élu député.
1 Le nouvel effet "présidentielles"
Maintenant que la Présidence de la République est passée au quinquennat, et que les élections législatives ont été alignées sur l'élection reine, les législatives ont perdu en importance. Elles sont devenues une sorte d'élection secondaires, mineures, de la présidentielles, et n'ayant qu'un seul but : donner une majorité à l'Assemblée Nationale permettant au Président nouvellement élu d'appliquer sa politique. Conséquence directe : sur Fontenay, l'union des partis de gauche attire 934 voix de plus qu'en 2007. Sur Vincennes, elle gagne 1473 voix supplémentaires, ainsi que 476 voix de plus sur Saint-Mandé. Soit une augmentation de 2883 suffrages, bien au-delà des 844 voix séparant les deux candidats au soir du second tour. La première des raisons de cette élection surprise est donc tout sauf une surprise au lendemain de l'élection d'un candidat PS à la Présidentielle : la mobilisation d'un électorat de gauche. Une mobilisation qui prouve au passage que le centre de gravité de cette élection ne s'est pas situé à Vincennes, qui d'habitude fait l'élection, mais à Fontenay-sous-Bois.
1 Le nouvel effet "présidentielles"
Maintenant que la Présidence de la République est passée au quinquennat, et que les élections législatives ont été alignées sur l'élection reine, les législatives ont perdu en importance. Elles sont devenues une sorte d'élection secondaires, mineures, de la présidentielles, et n'ayant qu'un seul but : donner une majorité à l'Assemblée Nationale permettant au Président nouvellement élu d'appliquer sa politique. Conséquence directe : sur Fontenay, l'union des partis de gauche attire 934 voix de plus qu'en 2007. Sur Vincennes, elle gagne 1473 voix supplémentaires, ainsi que 476 voix de plus sur Saint-Mandé. Soit une augmentation de 2883 suffrages, bien au-delà des 844 voix séparant les deux candidats au soir du second tour. La première des raisons de cette élection surprise est donc tout sauf une surprise au lendemain de l'élection d'un candidat PS à la Présidentielle : la mobilisation d'un électorat de gauche. Une mobilisation qui prouve au passage que le centre de gravité de cette élection ne s'est pas situé à Vincennes, qui d'habitude fait l'élection, mais à Fontenay-sous-Bois.
2 Un ticket gagnant 100% féminin
Qui aurait cru qu'après s'être déchirés pendant des mois autour de la candidature à la candidature, les partis de gauche arriveraient à l'emporter dans cette législative ? D'une part, le report de voix des candidats de gauche du premier tour a été quasi parfait au second : la nouvelle députée doit tout autant son élection aux voix du Front de gauche ou du candidat dissident David Dornbusch qu'à celles du PS et de EELV. D'autre part, le ticket associant Claire Lemeunier, responsable PS de Vincennes qui s'était battue pour être candidate, et Laurence Abeille, candidate désignée suite à l'avantageux accord national PS/EELV acté avant l'échec d'Eva Joly à la Présidentielle, s'est révélé gagnant. A chacun son point fort : Sur Vincennes et Saint-Mandé, les militants PS ont joué le jeu pleinement. Sur Fontenay, les militants PC ont quadrillé la ville. Qui plus est, dans une circonscription qui ne connaissait que des sortants, et aucune sortante, c'était la seule candidature 100% féminine du département. Un atout supplémentaire pour faire campagne. A l'inverse, à droite, la présence de Dominique Le Bideau aux côtés de Patrick Beaudouin permettait de représenter la majorité centriste vincennoise sans prendre le risque d'un éventuel mauvais résultat au premier tour. Mais le résultat montre, d'un point de vue purement technique et mathématique, qu'il aurait mieux valu pour le député sortant compter sur une suppléante originaire de Fontenay-sous-bois, et pouvoir compter pour le second tour sur le report des voix s'étant porté au premier tour sur une candidature 100% vincennoise.
Qui aurait cru qu'après s'être déchirés pendant des mois autour de la candidature à la candidature, les partis de gauche arriveraient à l'emporter dans cette législative ? D'une part, le report de voix des candidats de gauche du premier tour a été quasi parfait au second : la nouvelle députée doit tout autant son élection aux voix du Front de gauche ou du candidat dissident David Dornbusch qu'à celles du PS et de EELV. D'autre part, le ticket associant Claire Lemeunier, responsable PS de Vincennes qui s'était battue pour être candidate, et Laurence Abeille, candidate désignée suite à l'avantageux accord national PS/EELV acté avant l'échec d'Eva Joly à la Présidentielle, s'est révélé gagnant. A chacun son point fort : Sur Vincennes et Saint-Mandé, les militants PS ont joué le jeu pleinement. Sur Fontenay, les militants PC ont quadrillé la ville. Qui plus est, dans une circonscription qui ne connaissait que des sortants, et aucune sortante, c'était la seule candidature 100% féminine du département. Un atout supplémentaire pour faire campagne. A l'inverse, à droite, la présence de Dominique Le Bideau aux côtés de Patrick Beaudouin permettait de représenter la majorité centriste vincennoise sans prendre le risque d'un éventuel mauvais résultat au premier tour. Mais le résultat montre, d'un point de vue purement technique et mathématique, qu'il aurait mieux valu pour le député sortant compter sur une suppléante originaire de Fontenay-sous-bois, et pouvoir compter pour le second tour sur le report des voix s'étant porté au premier tour sur une candidature 100% vincennoise.
3 L'évolution de l'électorat Vincennois
Sur Saint-Mandé, le député sortant Patrick Beaudouin a obtenu à une voix près le même résultat qu'en 2007, avec 5296 voix. Les voix de gauche sont en légère progression, mais il franchit la barre des 60% dans sa ville. Mission accomplie à domicile, donc. Il faut se rappeler que 2007 était ll'année de l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République. Difficile de faire mieux quand c'est François Hollande qui est élu... Sur Vincennes, avec 51,86% des voix, Patrick Beaudouin arrive très légèrement en tête, avec 9928 voix, et ne perd que 133 voix par rapport à 2007, avec un taux de participation toujours aussi bas. Ainsi, malgré le faible score d'un candidat MoDem (en partie imputable à la prise de position de François Bayrou après le premier tour), loin des résultats des scrutins précédents (10,5% en 2007 et 16% en 2002, quand le maire de Vincennes s'était présenté), le nombre de voix obtenu par le candidat UMP ne varie presque pas. Mais il n'augmente pas, et c'est bien là un des facteurs qui l'a fait perdre, ne pouvant compter sur une réserve de voix de droite et du centre sur Vincennes pour le second tour.
Mais comment ne pas parler d'évolution de l'électorat quand la candidate de gauche, pourtant sous l'étiquette EELV et non PS, gagne 1473 voix par rapport à la candidature de David Dornbusch en 2007 ? Bien sûr, le taux de participation particulièrement bas renforce les pourcentages au-delà des suffrages exprimés, mais après que François Hollande soit arrivé très légèrement en tête sur Vincennes aux Présidentielles, il semble évident que l'évolution de la population vincennoise vienne renforcer la poussée des partis de gauche, avec de nouveaux électeurs à la fois à même de faire face à un prix de l'immobilier exorbitant, et aux opinions politiques ancrées à gauche.
Au soir des résultats des élections législatives, Claire Lemeunier, responsable PS de Vincennes, a d'ailleurs abordé franchement le sujet : "Que l'on ait battu la droite dans cette circonscription, c'est historique. La droite, se croit chez elle à Vincennes et Saint-Mandé ? Qu'elle se dise que ce n'est pas si sûr que ça. Nous lui donnons rendez-vous !" Prochaine échéance : 2014, et les élections municipales, à moins que le PS ne les repousse d'un an, le temps d'achever sa conquête du sénat.
Sur Saint-Mandé, le député sortant Patrick Beaudouin a obtenu à une voix près le même résultat qu'en 2007, avec 5296 voix. Les voix de gauche sont en légère progression, mais il franchit la barre des 60% dans sa ville. Mission accomplie à domicile, donc. Il faut se rappeler que 2007 était ll'année de l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République. Difficile de faire mieux quand c'est François Hollande qui est élu... Sur Vincennes, avec 51,86% des voix, Patrick Beaudouin arrive très légèrement en tête, avec 9928 voix, et ne perd que 133 voix par rapport à 2007, avec un taux de participation toujours aussi bas. Ainsi, malgré le faible score d'un candidat MoDem (en partie imputable à la prise de position de François Bayrou après le premier tour), loin des résultats des scrutins précédents (10,5% en 2007 et 16% en 2002, quand le maire de Vincennes s'était présenté), le nombre de voix obtenu par le candidat UMP ne varie presque pas. Mais il n'augmente pas, et c'est bien là un des facteurs qui l'a fait perdre, ne pouvant compter sur une réserve de voix de droite et du centre sur Vincennes pour le second tour.
Mais comment ne pas parler d'évolution de l'électorat quand la candidate de gauche, pourtant sous l'étiquette EELV et non PS, gagne 1473 voix par rapport à la candidature de David Dornbusch en 2007 ? Bien sûr, le taux de participation particulièrement bas renforce les pourcentages au-delà des suffrages exprimés, mais après que François Hollande soit arrivé très légèrement en tête sur Vincennes aux Présidentielles, il semble évident que l'évolution de la population vincennoise vienne renforcer la poussée des partis de gauche, avec de nouveaux électeurs à la fois à même de faire face à un prix de l'immobilier exorbitant, et aux opinions politiques ancrées à gauche.
Au soir des résultats des élections législatives, Claire Lemeunier, responsable PS de Vincennes, a d'ailleurs abordé franchement le sujet : "Que l'on ait battu la droite dans cette circonscription, c'est historique. La droite, se croit chez elle à Vincennes et Saint-Mandé ? Qu'elle se dise que ce n'est pas si sûr que ça. Nous lui donnons rendez-vous !" Prochaine échéance : 2014, et les élections municipales, à moins que le PS ne les repousse d'un an, le temps d'achever sa conquête du sénat.









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