Encore et toujours ministre de la santé, malgré ses erreurs patentes, Roselyne Bachelot a confirmé, mardi 23 mars dernier la résiliation de la commande de 50 millions de doses de vaccin contre le virus grippal pandémique A(H1N1) sur les 94 millions de doses prévues dans les contrats signés avec quatre laboratoires pharmaceutiques. Au même moment, le Canard Enchainé et nombre d'autres médias commencent à se pencher sur les coulisses d'une vaste opération d'intoxication, au plus grand bénéfice des laboratoires : la grande peur de la grippe A.
Scandale d'état ? On peut le dire, au vu des non réponses faites devant le Sénat par les plus hauts responsables du dossier, la ministre y compris. Bilan de la vaccination contre la grippe A : 670 millions d'euros. La ministre a également reconnu devant la "Commission d'enquête sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion par le gouvernement de la pandémie grippale A(H1N1)", que le montant de l'indemnisation pour chaque laboratoire n'excéderait pas 16 % de la valeur de la commande, qui s'élève au total à 879 millions d'euros pour l'Etat. Il faut dire que nul ne comprend les raisons de l'écart considérable entre le nombre de doses de vaccin commandées à l'occasion de la pandémie grippale et le nombre de Français effectivement vaccinés (6 millions). Au total, au bas mot, on peut tabler sur une facture totale de 2 milliards d'euros. De quoi venir en aide à bien des chômeurs en fin de droit, par exemple...
On s'interroge aussi sur le rôle des experts, parfois liés intimement mais discrètement avec l'industrie pharmaceutique, comme ce fut le cas de Roselyne Bachelot dans une vie antérieure. En janvier, les parlementaires du Conseil de l'Europe avaient demandé une enquête sur l'influence qu'aurait eue l'industrie pharmaceutique sur les autorités sanitaires dans la gestion de cette épidémie. Selon l'Allemand Wolfgang Wodarg, ex-membre du SPD, médecin et épidémiologiste, «un groupe de personnes à l'OMS est associé de manière très étroite à l'industrie pharmaceutique. Nous voulons faire la lumière sur tout ce qui a pu rendre possible cette formidable opération d'intox. Nous voulons savoir qui a décidé, sur la base de quelles preuves scientifiques, et comment s'est exercée précisément l'influence de l'industrie pharmaceutique dans la prise de décision».
Au final, en France, le taux de mortalité aura été de 2,7 pour 100 000 cas, alors que la grippe saisonnière, qui tue normalement 3 000 à 6 000 personnes par an dans l'Hexagone, a été balayée par la grippe A, qui a pris le pas sur la saisonnière et n'en a tué "que" 270. On pourrait presque dire que la grippe A a sauvé la vie à 2 730 personnes pour un coût de deux milliards d'euros !
Mais au-delà de la facture des millions de doses de vaccins inutiles, c'est surtout sur le fiasco des centres de vaccination censés remplacer les médecins libéraux qu'il appartient désormais à chaque ville de se pencher. Ainsi, à Vincennes, quel aura été le coût total du centre ouvert sur la dalle Pompidou dans un local municipal, mais qui aura supposé de faire appel à bon nombre de médecins, infirmières, pompiers et autres personnels administratifs ? Et surtout, quand l'Etat remboursera-t-il la municipalité ? Le dossier reste ouvert, en ces temps de crise et d'austérité budgétaire.
Scandale d'état ? On peut le dire, au vu des non réponses faites devant le Sénat par les plus hauts responsables du dossier, la ministre y compris. Bilan de la vaccination contre la grippe A : 670 millions d'euros. La ministre a également reconnu devant la "Commission d'enquête sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion par le gouvernement de la pandémie grippale A(H1N1)", que le montant de l'indemnisation pour chaque laboratoire n'excéderait pas 16 % de la valeur de la commande, qui s'élève au total à 879 millions d'euros pour l'Etat. Il faut dire que nul ne comprend les raisons de l'écart considérable entre le nombre de doses de vaccin commandées à l'occasion de la pandémie grippale et le nombre de Français effectivement vaccinés (6 millions). Au total, au bas mot, on peut tabler sur une facture totale de 2 milliards d'euros. De quoi venir en aide à bien des chômeurs en fin de droit, par exemple...
On s'interroge aussi sur le rôle des experts, parfois liés intimement mais discrètement avec l'industrie pharmaceutique, comme ce fut le cas de Roselyne Bachelot dans une vie antérieure. En janvier, les parlementaires du Conseil de l'Europe avaient demandé une enquête sur l'influence qu'aurait eue l'industrie pharmaceutique sur les autorités sanitaires dans la gestion de cette épidémie. Selon l'Allemand Wolfgang Wodarg, ex-membre du SPD, médecin et épidémiologiste, «un groupe de personnes à l'OMS est associé de manière très étroite à l'industrie pharmaceutique. Nous voulons faire la lumière sur tout ce qui a pu rendre possible cette formidable opération d'intox. Nous voulons savoir qui a décidé, sur la base de quelles preuves scientifiques, et comment s'est exercée précisément l'influence de l'industrie pharmaceutique dans la prise de décision».
Au final, en France, le taux de mortalité aura été de 2,7 pour 100 000 cas, alors que la grippe saisonnière, qui tue normalement 3 000 à 6 000 personnes par an dans l'Hexagone, a été balayée par la grippe A, qui a pris le pas sur la saisonnière et n'en a tué "que" 270. On pourrait presque dire que la grippe A a sauvé la vie à 2 730 personnes pour un coût de deux milliards d'euros !
Mais au-delà de la facture des millions de doses de vaccins inutiles, c'est surtout sur le fiasco des centres de vaccination censés remplacer les médecins libéraux qu'il appartient désormais à chaque ville de se pencher. Ainsi, à Vincennes, quel aura été le coût total du centre ouvert sur la dalle Pompidou dans un local municipal, mais qui aura supposé de faire appel à bon nombre de médecins, infirmières, pompiers et autres personnels administratifs ? Et surtout, quand l'Etat remboursera-t-il la municipalité ? Le dossier reste ouvert, en ces temps de crise et d'austérité budgétaire.







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