Vous ne ne savez peut-être pas, mais chaque jour de la campagne électorale, des dizaines, voire des centaines de journalistes suivent pas à pas les déplacements des candidats, et surtout ceux des premiers d'entre eux. Une tradition typiquement française intervient alors, au grand étonnement de nos confrères de la presse étrangère : le premier cercle du candidat, en charge de sa communication, constitue un Pool presse, une liste très réduite des médias les plus importants pour le candidat, et qui seront seuls autorisés à l'approcher comme à accéder à certains secteurs en accès restreint, qu'il s'agisse d'une usine ou d'un meeting.
Le meeting de Vincennes n'a pas dérogé à la règle : des centaines de journalistes ont été accrédités pour ce point d'orgue de la fin de campagne du premier tour. La demande faite par Vincennes Hebdo la semaine dernière était restée sans réponse, mais peu importe, a priori, pour franchir les premières barrières et accéder à la salle de presse, une carte de presse suffit. Une fois décliné le nom du média, un badge m'est délivré, auquel je ne prête pas plus attention que cela. J'aurais dû ! Par un heureux hasard, au lieu du badge "presse" délivré au commun des journalistes, il s'agissait d'un "pool presse", permettant de traverser le deuxième rideau de protection et passer réellement dans les coulisses de l'événement. Alors que j'attendais sagement derrière la scène le passage des principaux représentants du PS, après avoir croisé Ségolène Royal qui n'allait pas rater l'occasion de plonger dans la fosse aux lions en étant la seule à se rendre directement en salle de presse, voilà qu'une sympathique organisatrice remarque mon badge et m'invite à passer de l'autre côté des barrières donnant accès à l'arrière scène et à la tente des politiques. Tant mieux !
J'avance sous le regard paisible d'un des surveillants, arborant un superbe et étonnant costume frappé d'une multitude de "Lisez la bible !", direction la rampe d'accès à la scène, juste derrière la tour du Bois.
L'espace d'un instant, en voyant Ségolène Royal franchir la foule d'un pas assuré, on se croit revenu cinq ans en arrière, alors que c'était à elle de monter sur la scène du stade Charléty. Mais non, pas question de monter sur scène comme à Rennes, elle ne fait cette fois que rejoindre les rangs des invités.
L'élection présidentielle a tout de même conservé la même dimension familiale, alors que Thomas Hollande veille au moindre détail depuis les coulisses, à quelques minutes de l'arrivée de son père sur scène.
C'est au tour du maire de Paris de jouer à domicile, d'intervenir très brièvement juste avant le candidat.
15h45 : avec une bonne demi heure de retard, comme à son habitude, François Hollande sort de la tente réservée aux politiques pour s'approcher de la rampe d'accès à la scène, entouré de sa garde rapprochée, dont Aquilino Morelle, sa plume, et Manuel Valls, en charge de sa communication après l'avoir affronté lors des primaires.
Un candidat à la présidentielle n'enfile pas un manteau à quelques minutes de monter sur scène prononcer un discours : un de ses proches lui pose un veste en cuir sur les épaules pour attendre dans le vent froid de l'esplanade.
Au loin, de l'autre côté du pont et de la barrière, les journalistes munis d'un simple badge presse doivent jouer du zoom, faute de pouvoir approcher du candidat, parfois au péril de leur sécurité, en montant debout sur la bordure des douves du château
Plus que trois secondes avant l'entrée en scène : les équipes de François Hollande pourront clairement se reconvertir dans l'organisation de concerts une fois la campagne finie.
C'est parti. C'est l'heure de s'avancer face aux dizaines de milliers de militantes et militants venus de Vincennes comme de toute l'Ile-de-France.
Le premier cercle redescend au pas de course pour remonter sur scène par l'escalier latéral, hors du champ des caméras déjà fixées sur le candidat
Le discours de François Hollande durera 50 minutes, dans un froid glacial, le vent l'obligeant à retenir ses feuilles, mais face à une assistance convaincue de sa victoire dans une semaine.
Aujourd'hui, le monde entier avait les yeux tournés vers Paris, la Concorde et Vincennes : cette journaliste chinoise de NTD (New Tang Dynasty channel) enregistre son sujet pendant que le candidat poursuit son discours.





















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